jeudi, 21 juin 2007

Le jardinier de la France ou l'art de la politique.

Prenez un jardinier à 4 branches, bien moustachu,
avec son tablier ample et arrosez-le jusqu'aux sabots.
Il vous mitonnera une petite nature aux oignons.
Pourriez-vous penser qu'il forcerait ses dosages d'engrais et de pesticides ?
Que nenni ! Observant les merveilles qui l'entourent, il respecte l'équilibre.
Tenez, il serait capable, en un instant de devenir maçon.
Gravier, sable, ciment, eau, pousseraient en murs, murets et tonnelles.
Pourriez-vous penser qu'il doublerait les doses de ciment ?
Du jardin et de la maçonnerie, il en connaît tous les recoins.
Que dire des hommes et des femmes en politique ?
L'alchimie ne serait-elle pas la même que pour notre jardinier ?
A force d'associer le pour, le contre et son contraire, ne risque-t-on pas
de forcer la nature ? Celle-ci a une mémoire et elle nous le fait savoir, bien souvent.
A vouloir contenter tout le monde, on ne contente plus personne.
Pour entrer dans un gouvernement de droite "musclée", il convient aujourd'hui
d'être de gauche et/ou une femme. Nous attendons le quota d'handicapés
qui fait cruellement défaut.
A force de ratisser trop large, les feuilles ne se ratissent plus à la pelle.
Que sont devenus les Sarkozystes ? dans un champ de coquelicots ?
Le jardinier de la politique aurait-il mis trop ou pas assez d'engrais ?

vendredi, 18 mai 2007

Avec tous ces Rond-Points à l'Anglaise…

medium_agrvilleurbanne_Rond-point.jpg...nous avons perdu le Nord et nous nous emberlificotons entre la droite et la gauche. Pour être membre du gouvernement, il fallait voter à gauche et même trahir la gauche. Il est vrai que la priorité sur nos routes et rues, c'est une fois à droite, une fois à gauche. Et le centre du milieu, qu'est-ce qu'on en fait ? Serait-ce quand il n'y a pas de priorité, du tout ? Les Danois viennent de mettre au point, avec grande sagesse, une remise à plat de toutes les priorités de circulation. Plus aucun panneau, ni feux, juste l'attention aux autres et la logique de celui qui se trouve le mieux engagé. Ils en sont très contents. A méditer pour le futur gouvernement qui sortira des élections législatives. Pourrons-nous espérer de voir au conseil des Ministres, Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ? Nous les aimons bien aussi, et ils n'ont pas démérité.

samedi, 28 avril 2007

Patte d'oie dans la campagne.

Le 29 mars 07, j'écrivais dans l'Express :

"Bayrou, abandonnant son bus au colza pour un fier tracteur,
laboure la nation France pour une moisson des plus prometteuses.
Equipé d'une bay-roue gauche et d'une bay-roue droite,
il creuse son sillon droit. Plus un seul talus ne semble l'arrêter.
Sûr, nous habiterons tous la campagne."


medium_Tracteur_ancien.gifIl semblerait qu'une roue se soit dégonflée, mais laquelle ?
Le terrain est marécageux et le tracteur peine à sortir de l'ornière.
Nous risquons de dormir à la belle étoile, à moins qu'une grotte ne nous abrite.
Qui appeler à l'aide ? Les voisins de droite ou les voisins de gauche ?

Le matin, le soleil a tout asséché et la route semble sure.
La réparation est à notre portée :
une râpe qui fait un peu mal mais qui évacue toutes les vilaines blessures mal refermées,
un baume fait de la dissolution de la faute, une rustine rustique pour sceller le pardon,
un gros baiser langoureux pour regonfler le tout et partir à la conquête du monde.

Tout guilleret, le tracteur s'en va en sifflotant dans la campagne riante.
Une méchante patte d'oie surgit de nulle part : chemin de gauche ou chemin de droite ?
La tentation est grande de prendre la voie du centre, celle qui mène à l'école buissonnière.
L'herbe y est si belle et nous apercevons déjà les chèvres de Monsieur Seguin.

Toute la journée, le tracteur gambada parmi les coquelicots et les bleuets.
L'air pur remontait les pistons à bloc, les roues réparées avalaient les kilomètres allègrement.
Quelles belles journées, ces journées de compétions effrénées !
Sûr, demain sera une autre victoire !

Hélas, hélas, hélas, le carburant vint à manquer et une méchante barrière fermait la campagne.
Il faut la contourner, voyons ! mais par quel côté ? la droite, la gauche ?
La tentation est forte pour que ce soit par le centre du milieu en donnant un coup vigoureux,
par toutes nos forces rassemblées. Oui, mais voilà, avons-nous assez de recul pour la bonne estocade ?
Ne faut-il pas accepter de passer cette fois-ci par une nuit blanche ?
Demain étant un autre jour, dormons un peu, les forces et les idées reviendront.
Quel fier tracteur, tout de même !

lundi, 23 avril 2007

Retour en arrière ou futur avancé ?

Le taux de participation à l'élection présidentielle cache une misère. Nous voici revenus à la bipolarisation traditionnelle de la V° république. Droite/Gauche, nous aimons marcher au pas. Pour les générations futures, nous pourrons léguer les termes de "Nord/Sud", "Est/Ouest", sans oublier le fameux "Tribord/Bâbord". Tous nos marins savent que, pour godiller, la main guide la rame vers la gauche et la droite, sans à coups, pour aller droit, au centre de l'objectif. Le Général de Gaulle avait fait voguer le navire France. Nous pensons que celui-ci est resté en cale sèche, abîmé par des coups de gouvernail intempestifs. Aujourd'hui, nous pouvons dire que le 2° tour de la présidentielle n'apportera que des surprises très relatives (sujet Droite/Gauche connu), et que la véritable élection sera, cette fois-ci, celle des législatives, sans doute le moment de bien vérifier le cap et de cesser de louvoyer à outrance. La route y est toujours plus longue et plus pénible. Le centre du débat est là puisque nous ne sommes plus le centre du monde. Pour les présidentielles, il est facile de faire son choix. Pour les législatives, nous connaissons nos députés ou nous allons bien vite les connaître. Ce sont bien eux qui votent les lois et nous, qui votons pour eux. En attendant, allons marcher Droite/Gauche comme de braves pious-pious. Rendez-vous aux législatives. Il en va de la nomination du 1er Ministre, chef du gouvernement.