vendredi, 24 avril 2009

T’as pas peur… ?

Voici le merveilleux message d’amour que j’entends du haut de mon échelle.
Serait-ce pour la gentille araignée que je m’apprête à déranger ?
Que nenni ! « On » me concocte le joli plan de l’écrabouillage au sol, rien que ça !
Si j’ai le malheur de dire que je n’ai pas peur, « On » me répondra que je devrai avoir peur.
Je finis par dire que j’ai peut-être un peu peur pour ne pas passer pour un malotru.
Avec cette nouvelle peur chevillée au corps je rejoins la grande cohorte des gens qui ont peur.
Pour être dans le bon ton, je rajoute : « N’as-tu pas peur d’être si près d’une échelle,
alors que je suis dessus ? Une échelle, finalement, est faite pour être montée..
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le transmetteur de peur n’a jamais peur.
Cela me fait un peu peur. La peur de ma compagne sauva l’araignée d’une mort cruelle.
Celle-ci a-t-elle eu peur de la personne qui m’a fait peur ?
Cette peur l’a peut-être sauvée, mais moi, je reste sur ma peur.
Puisqu’il faut avoir peur, allons-y gaiement sur nos routes, lieu de grande peur parmi toutes.
La peur d’y mourir est grande, juste après le lit qui est vraiment mortel.
La peur sait être individuelle mais aussi collective.
Nous savons avoir peur « des autres » pour oser inventer la « tolérance zéro », cette tolérance
qui ne peut supporter aucun chiffre. Comme cela ne suffit pas, « le principe de précaution »
vient renforcer le dispositif. Il y est dit qu’il ne faut pas monter sur une échelle pour chasser
une araignée, sinon, tout le monde aura peur.
« T’as pas peur », me fait très peur, mais quand je dis que j’ai peur, tout le monde veut que j’arrête tout,
alors que la peur ne m’a jamais fait peur. Que faire ?
Merci de plus jamais me dire : « T’as pas peur… ? ».
Merci mille fois.

vendredi, 18 juillet 2008

La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent*.

Eternellement les marins se rappellent qu'ils sont terriens.
L'imaginaire leur appartient puisque l'aventure se love
au creux de chaque vague, toujours changeante.
Ivresse du développement de soi parmi le danger tellement sûr.
Nul besoin de savoir nager pour embarquer ses rêves.
Le marin n'est qu'une quête vers l'au-delà, déléguée par le terrien.
Le marin rêve à ce que fait le terrien tandis que le terrien rêve au marin.
Ensemble, ils forment une belle chaîne humaine.
Monter à bord, voilà l'aventure.
Tout s'apprend, même la découverte d'un soleil couchant.
L'important, c'est de partir, partir pour revenir toujours.
Revenir sera un éternel abandon de rêves pour un bonheur que trop connu.
Laissons donc, nous terriens, le rêve aux marins.
Ils nous offriront des perles d'embruns et cette plénitude d'un homme retrouvé.
Nous avons donc tous à y gagner.
Mais n'oubliez jamais qu'un port assassine des rêves.

*Bernard Giraudeau.

jeudi, 10 juillet 2008

L'origine du monde ? En rade de Brest !

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(Tableau de Gustave Courbet, peint en 1866.
Acquisition par le Musée d'Orsay, à Paris, en 1995.)


Depuis 140 ans, le peintre Jean-Désiré-Gustave Courbet rend témoignage
à l'origine du monde telle qu'il la voit.
Son tableau, célèbre dans le monde entier, représente la vie en devenir.
Il me plaît de penser qu'il a été inspiré par une vision d'amour réciproque.
Et cela, dans un territoire magique, pas loin de chez moi…


Il existe, dans la nature, un lieu extraordinaire qui donne un écho saisissant au tableau de Courbet
et à la fusion des débuts du monde : la rade de Brest !
Pensez à ce gigantesque vagin dans lequel l'immense océan trouve son bonheur.
Majestueux goulet, porte magique sur l'aventure de la passion.
Pour en être digne, il faut en trouver l'issue bien gardée des vulgaires badauds.
Large et profond à souhaits, l'homme peut y musarder selon ses envies et ses rêves.
L'homme pressé, ira, sans coup férir, jusqu'à Landerneau, prenant la ligne droite.
Il pourra choisir pour terminer sa besogne, l'une des arches du pont habité.
Pour le tendre et le rêveur, Dame nature a prévu une excursion jusqu'à Landévennec,
avec sublimation après les vêpres.
Quoi de plus naturel que de prévoir aussi quelques escapades vers Daoulas, Le Faou,
l'Hopital Camfrout…ou même de chaparder quelques fraises du côté de Plougastel.
Les petits spermatos gentils se rangeront bien tranquillement sur leur île, pas bien longue,
et on les nommera : "Redoutable", Triomphant", "Inflexible", "Vigilant", Terrible"…
Cette Rade, ce vagin, dis-je, nourrira son homme pour de longues journées et nuits d'étreinte :
poissons et crustacés rechargeront les accus sollicités.
Si d'aventure, par quelques surbresauts intempestifs, vous voyez une ombre onduler,
dites-vous bien que vous êtes à Brest-même et non au Loch Ness qui n'est qu'un lac à journalistes.
Ici, c'est du sérieux, c'est l'enfantement de l'Océan et de la Terre.
Quelques enfants voguent ici et là. Ils ne demandent qu'à grandir : Béniguet, Banneg, Molène, Ouessant, Sein…
Ainsi, la Terre étendra son territoire pour faire de la place à tous.
Ici, "Finistère", se dit "Pen ar Bed", c'est-à-dire "la Tête du Monde".
Ce n'est pas hasard si la Rade de Brest existe.
Vous comprendrez mieux pourquoi nos filles ont les joues roses.
D'ailleurs, pour pénétrer dans cette magique Rade, ne faut-il pas avoir en ligne de mire
la pointe du Minou et parcourir le plateau des Fillettes ?
Je vous le dis, cette Rade est un immense vagin. Nous vous invitons à la découvrir
car nous sommes généreux et partageurs.
Chacun y trouvera son refuge du bonheur.
Gustave Courbet a sûrement été inspiré par la Rade de Brest pour avoir si bien représenté
l'Origine du Monde. Elle est à Brest-même et nulle part ailleurs.
Souvenez-vous en lorsque vous percevez un petit crachin sur Brest.
Il est lubrifiant.
Les jours de grandes marées sont torrides car la lune, la Terre et le soleil s'en mêlent.
C'est un grand tonnerre en pleine Rade de Brest-même !
Gustave Courbet y a sa stèle en Rade de Brest, juste à la pointe du Minou.
Venez lui rendre hommage. Il le mérite bien.



Brest O4.

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La grande parade des bateaux née à Pors Beach dans la rade de Brest, puis à Douarnenez,
atteint son apothéose dans le port de Brest et sa rade tous les 4 ans depuis 1992.
Pour l'édition de "Brest 2004", un évènement majeur est intervenu :

J'ai vu "le Renard" faire l'amour à "la Recouvrance".

* le "Renard" est un bateau anciennement neuf de St Malo, redevenu neuf pour "Brest 92".
* la "Recouvrance" est un bateau anciennement neuf de Brest, redevenu neuf pour "Brest 92".
* l'"Abeille Flandre" dite "Abeille" est un remorqueur venu aider tout un chacun pour toute saison.


Ils étaient "mignons", beaux et tendres à la fois !
Blottis l'un contre l'autre dans le troisième bassin qu'ils avaient réservé pour l'occasion,
ils se regardaient tendrement tout en humant l'ambiance environnante.
Pour une telle rencontre tous leurs amis s'étaient déplacés et s'esbaudaient de voir tant de bonheur.
Leurs mats s'entrecroisaient et les vergues s'entremêlaient à loisir pour veiller à l'étreinte finale.
Oh ! sûr qu'il prirent leur temps car cet instant de plaisir, ils désiraient le faire durer une éternité.
Les bateaux se balançaient afin de créer cette petite houle délicieuse qui enveloppe la félicité.
En un instant, le Renard se cabra majestueusement pour montrer ses fiers canons droits et luisants.
Les voiles se déployèrent pour entourer d'un secret pudique, cette étreinte farouche.
Mouvement de houle et grincement des coques, le secret était à l'oeuvre.
De tous les plats-bords sortaient des étincelles ! Un feu brûlant couvait là-dessous !
Leurs bateaux-amis étaient là et même, la nuit et la lune, s'étaient déplacées tout spécialement.
La lune n'en cru pas ses yeux car son amie la nuit était vaincue : La nuit était jour !
Un grand bonheur dans le port de "Brest-même" !
Renard et Recouvrance avaient rendez-vous avec le jour et la nuit, avec les étoiles filantes.
Le soleil et la lune avaient envie de faire de même car tous étaient à l'unisson.
Ce soir là fût une apothéose dans cette si magnifique rade de Brest.
Le tonnerre (de Brest) fit son apparition et fit claquer ses œuvres, relayées par les sirènes.
La Rade de Brest fut embrasée par une étreinte pendant plus que tous les instants imaginables !
On s'est aimés sur les bords de cette rade !
De ce bonheur partagé, que croyez-vous qu'il advint ?
Chers amis, il faut me croire car seuls nos amis présents ont la vérité que je m'en vais vous livrer :
de cette étreinte si prodigieuse est né un transfert sur notre amie "l'Abeille" de chez "Flandre".
C'est elle qui s'est retrouvée enceinte et est venue, ce soir nous présenter sa progéniture.
Vu son embonpoint, il s'agit forcément de la "Reine", la Reine des Abeilles.
Vous l'auriez vu, se dandiner de gauche à droite, ses flancs généreux exposés à tous,
mugir de sa voix lugubre et mélodieuse !
Du grand art dans la "comédia d'elle arte".
Elle avait raison d'être fière car elle nous présentait douze petits et fiers navires.
Elle était devenue "mère porteuse", porteuse "d'espérance" et donc de "re-couvrance".
C'est ainsi que le transfert s'est opéré.
Avec délicatesse, ces petits "piou piou", voguaient dans l'ordre, parfois dans le désordre,
tout comme dans une famille unie, mais toujours dans la dignité qui sied à tout émerveillement
de la naissance d'un être qui est immédiatement cher.
Oh ! ils ont pris leur temps car ils savaient qu'ils avaient "le monde entier de la mer" devant eux.
Nous avons assisté à l'amour des bateaux entre eux et à la naissance de douze d'entre eux
.Majestueux, éblouissant et magique !
Séquence "émotion" jusqu'à Douarnenez car il faut après la "noce", le "retour de noce", forcément.
Qu'il va être dur d'attendre 4 ans !

dimanche, 25 mai 2008

Il faut supprimer le mois de novembre !

Comme le Président de la République et le gouvernement ne savent plus où donner de la tête dans les multiples réformes, nous suggérons une idée qui serait très populaire : "supprimer le mois de novembre". Ce mois est triste, noir, sombre et n'a de seule utilité que d'annoncer le mois de décembre, plus festif. Nous sommes obligés de chauffer nos maisons à fond et ceci est très mauvais pour la planète ainsi que pour notre porte-monnaie. (Gagner plus sans travailler plus.) En échange de ce mois de 30 jours de triste mémoire, nous accepterions un autre mois de 31 jours qui s'appellerait "mois de Mai". Nous aurions ainsi deux mois de Mai consécutifs avec tous leurs ponts et leurs viaducs. Un mois de Mai, cela vous requinque un homme ! La nature est là, qui nous attend avec les petits oiseaux et la belle fraîcheur du printemps. Qu'attendons-nous pour mettre en œuvre cette réforme qui aurait, assurément, l'assentiment de la nation entière ? Dans la même idée, il convient de revenir à l'heure solaire car le soleil ne sait plus s'il doit freiner ou avancer plus vite pour nos habitudes modernes. D'ailleurs, nous n'avons changé nos heures que pour des raisons de guerre. Il serait temps de revenir à la paix du printemps. Ce que nous avons su faire pour les heures, nous sommes bien capables de le faire pour les mois. Je vois le mois de Mai qui défile si vite que j'ai hâte de reprendre un deuxième mois de Mai. Qu'en dites-vous ?

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Télérama. N°3047 du 7 au 13 juin 08.

jeudi, 17 avril 2008

Ma belle tirelire.

ac94e7617b6a0b992d500a8e93806502.jpgAvant de devenir pauvre, ma tirelire a toujours été riche. Toutes mes pièces secrètes y étaient nichées pour une certaine éternité. Le poids de mes pièces valait bien le poids des mots des autres. Ma toute première tirelire n'est plus, écrasée par le poids du gros marteau, trouvé dans l'atelier de mon père. Je n'avais pas besoin des pièces, mais de pouvoir compter mes rêves accumulés qui s'entassaient, sans nombre. J'étais plutôt fier de ma découverte, mais bien embarrassé des morceaux épars. C'était l'heureux temps où, avec un marteau, je pouvais conquérir le monde. Aujourd'hui, tout part par le trou du bas, ce bouchon en caoutchouc qui met en rogne et en grogne le marteau et mon angoisse de casser ma tirelire. Mes rêves sont en toi, petit cochon rose, et il ne faut pas que pour un simple changement de franc en euro, je les écrabouille pour aller voir le banquier. Une tirelire, se doit d'être en porcelaine, et dotée d'un seul passage magique. Ma pièce économisée passera par là, puis par le marteau. C'est ainsi que je construis mes rêves. Fuyez donc ces tirelires qui fuient le temps et les rêves avec leur caoutchouc ! Pour construire une jeunesse, retrouvons nos tirelires d'antan ! La jeunesse est le temps des anciens qui ont su si bien être jeunes. Redonnez-nous une tirelire, façon cochon rose, en porcelaine, et nous allons reconquérir le monde.

mardi, 11 mars 2008

Quand j'étais petit, je n'étais pas grand, N°3.

3. L'amour. mais j'étais un petit curieux de tout ce qui m'entourait. Je peux vous dire avec expérience que "l'amour, c'est un organe qui permet au cœur de battre" .Essayez donc de faire battre votre cœur sans amour et vous verrez très vite la vie vous filer entre les doigts. Mêmes les chirurgiens les plus balaises n'y arrivent pas sans amour. "La mour", c'est comme 1+1 égale 2, c'est comme la gauche et la droite, c'est comme exactement le cul et la chemise. Ce n'est pas compliqué, l'amour, çà va toujours en paire, même quand on aime plus que beaucoup de personnes ensemble. L'amour, c'est comme un petit cœur qui battrait que pour les autres et que les autres nous le rendrait, juste que parce que cela leur ferait plaisir. Regardez donc combien d'organes dans votre corps qui ne servent à rien en comparaison du très gros organe qui permet au cœur de battre ! Sans l'amour, tout est foutu. Mon Pépé, c'est le grand Pépé vermicelle, celui qui m'a fait grandir en me mettant des chiffres et des lettres dans mon potage. J'ai tout recraché les chiffres qui piquaient la gorge. J'ai tout gardé des voyelles et même les consonnes. Qu'est-ce que j'ai pu l'aimer, celui-là, avec l'odeur de sa veste en velours. Aujourd'hui, c'est avec amour que je peux vous écrire mes pensées les plus folles. J'étais petit, je ne suis toujours pas un grand, mais je sais que "l'amour, c'est un organe qui permet au cœur de battre". Pour çà, il n'y a pas d'âge. Merci Pépé. *Citation d'un cancre poète et forcément anonyme. Il avait tout compris de la poésie. Le cancre mature et donc a souvent raison. Ne l'oublions pas.

vendredi, 07 mars 2008

Quand j'étais petit, je n'étais pas grand,

1- La poésie. mais j'étais un petit curieux de tout ce qui m'entourait. Je peux vous dire avec expérience que "la poésie est ennuyeuse parce qu'on est obligé de l'apprendre par cœur".* Le "par cœur" de la poésie m'a toujours soulevé le cœur. Aujourd'hui que je suis moins petit sans être toujours un grand, je peux vous dire que la poésie, cela se savoure sans obligation. Au hasard d'un livre ouvert, au moment où vous ne vous attendez pas, la pensée vient vers vous et vous enveloppe. C'est la poésie qui vous prend et vous, vous vous y engouffrez, vous n'y pouvez rien. Maudissez-donc ces professeurs en poésie qui vous apprennent le "par cœur". Musardez-donc dans les méandres du temps. Il est infini. Je poème, tu poèmes, il poème, nous poémons pour toujours. Tout est permis dans la poésie, même l'interdit des "grandes personnes". Dans ma poésie, j'y mets volontiers des mots d'argot ou même des jurons, juste ceux que les "grandes personnes" affirment ne rien connaître, mais qu'elles comprennent très bien. S'ils sonnent justes, c'est qu'ils y ont leur place. Un jour, j'arrêterais si cela m'ennuie. Il y a tellement de mots plus beaux ! En fait, les poètes, ce sont des amoureux des mots. Ils les mettent à l'endroit, à l'envers, avec des points d'exclamation, ou des points d'interrogation quand ils ne savent pas tout, mais dans tous les cas, ils ont réponse à tout car ils sont avant tout poètes. C'est vers eux que va la vérité car ils ont le sens de la délicatesse et du mot juste. Moi, je ne suis toujours pas un "grand" et j'apprécie la poésie des autres. C'est juste ma sagesse. Poète, tu mérites mille vies devant toi. *Citation d'un cancre poète et forcément anonyme. Il avait tout compris de la poésie. Le cancre mature et donc a souvent raison. Ne l'oublions pas.

jeudi, 14 février 2008

Que se passe-t-il avec le Ciel ?

Un recrutement subit d'artistes par le ciel nous fait croire
à une concurrence déloyale pour nous, pauvres terriens.
Y avait-il à ce point un déficit d'amusement au ciel pour qu'il
faille à ce point rappeler tous nos êtres chers ?
Carlos, Henri Salvador… et bien d'autres encore.
Décidemment, ce métier d'artiste est bien un métier à risques.
Cà va faire du chahut là haut !
Notre complainte sera, maintenant, relayée par la grande chaîne humaine.
Lorsqu'elle atteindra le ciel, ce sera pour recharger nos accus
de rires et fou-rires. Alors, alors seulement, la Terre se remettra à tourner.

jeudi, 24 janvier 2008

Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, les types de 60 kilos les écoutent*.

Ainsi va la vie qu'elle est mal faite, souvent.
Certains disent que nous sommes tous égaux sur terre,
et qu'il y a même "Liberté, Egalité, Fraternité", écrit sur
tous les murs de nos écoles.
Ce sont sûrement les types de 130 kilos qui ont inventé
ces maximes pour nous rassurer.
Pourtant, à chaque fois, ma 2 CV se couche quand un camionneur
élève la voix.
Chaque soir, dans mon lit, je me dis qu'il y aura bien un jour,
un gouvernement qui inversera la tendance et qui me permettra,
du haut de mes 60 kilos de dire certaines choses aux types de 130 kilos.
Certains ont leurs kilos tout en longueur et ils dépassent même les 2 mètres.
Ceux là sont constamment courbés, de peur de nous impressionner, et ils sont très gentils.
Le jour où les kilos seront bien courbés, nous parlerons d'égal à égal.
Ce qu'il y a de bien avec Internet, c'est que nous ne connaissons le poids de personne.
C'est pour cela que nous pouvons dire qu'il s'agit d'un moyen de communication.
Je ne sais pas qui vous êtes, vous ne savez pas qui je suis, et nous communiquons.

Savez-vous ce que c'est qu'un blog ?
"C'est ce qu'on écrit au monde entier, en cachette".
Pas question que tu regardes par-dessus mon épaule
pour voir ce que j'écris : c'est secret.
Pour les autres, c'est permis et même très conseillé.
Je vous aime bien, tous, car je ne vous connais pas.
Plus mon blogueur attitré est loin, plus il est charmant
et digne d'intérêt. Ma voisine de palier est vraiment
trop proche pour que je lui livre mes secrets.
Nous avons horreur des écoutes téléphoniques au domicile
mais acceptons très bien l'espionnage des téléphones portables,
des courriels et blogs.
Ainsi va la vie car l'anonymat est lourd à supporter.
Pourrai-je être connu de quelqu'un ?
"Blog" aurait pu se traduire par "bouteille à la mer",
ou carnet intime, jardin de mes secrets.
Tout est pour vous, rien que pour vous.
Ne le répétez à personne, surtout pas aux types de 130 kilos.

* Marcel Audiard.

vendredi, 18 janvier 2008

Si Carlos est mort…

Si Carlos est mort, c'est que Dieu avait besoin de rigoler une fois encore !
Il va encore pleuvoir des larmes de rire sur notre bonne Terre.
Salut l'artiste, on t'aimait bien.
Tu laisses un grand sillon sur la Terre.
Ta moisson sera bonne, comme toujours.
Reste bien comme tu es, ne change rien, tu vas rigoler longtemps.
Nous restons avec toi.
Tes amis.

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Marianne du 2 au 8 février 2008.

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