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jeudi, 31 janvier 2008

Nos marchés et la politique…

Froid, vent, pluie…
Ils sont tous là, ils sont venus dans le petit matin frais, nos vendeurs de bonne humeur.
Nous aussi, car nous aimons les intempéries malgré nos hypermarchés, chauffés,
éclairés, chouchoutés, et bravons l'enfer de la rue comme un petit bonheur.
Au moins, nous sommes bousculés par nos multiples relations oubliées.
D'un autre âge, ces marchés, me direz-vous ?
Que nenni ! puisqu'ils sont là et nous aussi.
Agents d'ambiance pour les uns, mal nécessaire pour les autres,
ils nous ravissent par leur bonne mine souriante.
Ces saltimbanques ambulants ne sont guère que ceux que nous respectons
avec les gens du cirque, évidemment.
Quel cirque, d'ailleurs, multicolore, odorant et sonore à souhaits.
Nulle réglementation de Bruxelles, mais ne le répétez pas trop fort.
Nous, nous croyons qu'ils existeront toujours, car, voyez-vous, les marchés sont devenus
le seul lieu où s'engouffrent nos élus politiques tous les 5, 6 ou 7 ans.
Pas pour voir ou acheter, non, non !
Pour se faire voir !
Mesdames et Messieurs, votre courage dans la fraîche humeur matinale
ne sert pas qu'à nous ravir mais aussi à faire sortir de leur boîte nos ludions politiques.
Nous vous donnons le diplôme de la vie.
Seriez-vous un des piliers de la Démocratie ?

mardi, 29 janvier 2008

Qui est Erika ?

Erika, c'est cette sorcière méchante qui a déversé sa bile
par une nuit de cafard noir. C'est la cousine du diable
qui bat sa femme même quand il ne sait pas pourquoi.
Total désastre pour nous, pauvres êtres humains.
Quelques milliers de billets de banque suffiront-ils
à essuyer nos larmes ? Dans un Total tintamarre, ces billets
de banque risquent de revenir auprès de la sorcière Erika
qui va s'amuser à les semer au vent de notre révolte.
Où se trouve le panache de la faute à demie pardonnée
et réparée ? Total dédain, alors qu'une Société Générale réunie
fait valser cinq milliards en fumée.
Cinq milliards en dédommagement de l'Erika est la somme Totalement juste.
La prochaine fois, nous irons nous servir directement auprès des banques.

dimanche, 27 janvier 2008

Qui est le soldat inconnu ?

Depuis que le soldat inconnu est enterré sous l'arc de triomphe, il est connu dans le monde entier. Aujourd'hui, l'heure est grave car nous n'avons plus qu'un seul poilu à nous mettre sous la main. Entre la question de savoir s'il veut bien des obsèques nationales ou non, il devient urgent de savoir s'il reste bien une place pour un soldat connu auprès du soldat inconnu. Pouvons nous rester pour des générations entières avec un soldat inconnu alors que nous avons enfin le dernier soldat connu ? Notre poilu connu devrait prendre vite fait la place du soldat inconnu. Un inconnu connu fait vraiment désordre. Monsieur Lazare Ponticelli, accepteriez-vous de combler le vide qui nous mine ? Vous auriez une place de choix, avec le gaz à l'étage, et une étoile comme auréole. A moins que vous ne décidiez de rester parmi nous longtemps encore.

vendredi, 25 janvier 2008

Supprimons les départements !

653cc3a056189bcc62c02d7a818f0dbd.jpgNous avons supprimé le cheval, unité de mesure pour délimiter un territoire administratif car il fallait bien rentrer chez soi, le soir. Ce moyen de locomotion avait bien des avantages et préservait la vie des gens, les collisions étant fort rares et les radars inutiles. Puisqu'il faut aller vite, nous pouvons aisément aller au Conseil Régional dans la même journée, trains et TGV aidant. Il est cocasse de constater que chaque budget départemental dépasse de beaucoup le budget global de la région dans laquelle il se trouve. Soit la région est de trop, soit les départements freinent le char de la région. Quant au char de l'Etat, il en perd son latin. Nous aimons beaucoup les honneurs mais nous nous méfions de la commune d'à côté, du département limitrophe et de la région itou. Diviser pour régner et gaspiller, telle semble être notre devise. Imaginons un seul instant que tous les budgets départementaux soient réunis avec celui du conseil régional : quelle meilleure lisibilité et que d'économies d'échelle ! Le mot "département" n'a jamais intéressé un industriel ni un touriste. Ai-je bien les équipements dont j'ai besoin et le paysage est-il à ma convenance ? Recherchons-nous le "département" dans les pays que nous visitons ? Voyager en France avec son "numéro" à l'arrière de la voiture ne fait que dire : "tiens, celui-ci n'est pas d'ici", c'est donc un étranger. Le téléphone indique d'emblée que vous êtes en "province". La Poste s'en mêle avec les codes postaux. Jusqu'où irons-nous ? Avons-nous les moyens de nous diviser de la sorte, sommes-nous si riches ? A l'heure de l'Europe, nous avons bien besoin de nous appeler "Français", alors que le département fleure bon le sous-préfet aux champs. Concentrons nos moyens et nos énergies et libérons-nous d'un carcan administratif. Le département est l'arme suprême du jacobinisme français. Pour les nostalgiques, nous pouvons revenir au cheval. C'est un principe de précaution qui sauverait bien des vies. *Dans les années 1970, la Poste avait inventé le "demi département" en divisant le Finistère en "29N" et "29S". Il ne manquait plus que le "29O" et le "29E". Avec un peu d'effort, on aurait pu instituer en plus le "29Terre" et le "29Mer". Nos petits enfants auraient corsé l'affaire avec le "29NO" et le "29NE". Et les îles, ne méritent-elles pas une portion de département ?

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Marianne du 9 au 15 février 08.

jeudi, 24 janvier 2008

Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, les types de 60 kilos les écoutent*.

Ainsi va la vie qu'elle est mal faite, souvent.
Certains disent que nous sommes tous égaux sur terre,
et qu'il y a même "Liberté, Egalité, Fraternité", écrit sur
tous les murs de nos écoles.
Ce sont sûrement les types de 130 kilos qui ont inventé
ces maximes pour nous rassurer.
Pourtant, à chaque fois, ma 2 CV se couche quand un camionneur
élève la voix.
Chaque soir, dans mon lit, je me dis qu'il y aura bien un jour,
un gouvernement qui inversera la tendance et qui me permettra,
du haut de mes 60 kilos de dire certaines choses aux types de 130 kilos.
Certains ont leurs kilos tout en longueur et ils dépassent même les 2 mètres.
Ceux là sont constamment courbés, de peur de nous impressionner, et ils sont très gentils.
Le jour où les kilos seront bien courbés, nous parlerons d'égal à égal.
Ce qu'il y a de bien avec Internet, c'est que nous ne connaissons le poids de personne.
C'est pour cela que nous pouvons dire qu'il s'agit d'un moyen de communication.
Je ne sais pas qui vous êtes, vous ne savez pas qui je suis, et nous communiquons.

Savez-vous ce que c'est qu'un blog ?
"C'est ce qu'on écrit au monde entier, en cachette".
Pas question que tu regardes par-dessus mon épaule
pour voir ce que j'écris : c'est secret.
Pour les autres, c'est permis et même très conseillé.
Je vous aime bien, tous, car je ne vous connais pas.
Plus mon blogueur attitré est loin, plus il est charmant
et digne d'intérêt. Ma voisine de palier est vraiment
trop proche pour que je lui livre mes secrets.
Nous avons horreur des écoutes téléphoniques au domicile
mais acceptons très bien l'espionnage des téléphones portables,
des courriels et blogs.
Ainsi va la vie car l'anonymat est lourd à supporter.
Pourrai-je être connu de quelqu'un ?
"Blog" aurait pu se traduire par "bouteille à la mer",
ou carnet intime, jardin de mes secrets.
Tout est pour vous, rien que pour vous.
Ne le répétez à personne, surtout pas aux types de 130 kilos.

* Marcel Audiard.

vendredi, 18 janvier 2008

Si Carlos est mort…

Si Carlos est mort, c'est que Dieu avait besoin de rigoler une fois encore !
Il va encore pleuvoir des larmes de rire sur notre bonne Terre.
Salut l'artiste, on t'aimait bien.
Tu laisses un grand sillon sur la Terre.
Ta moisson sera bonne, comme toujours.
Reste bien comme tu es, ne change rien, tu vas rigoler longtemps.
Nous restons avec toi.
Tes amis.

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Marianne du 2 au 8 février 2008.

mercredi, 16 janvier 2008

Financement des Télévisions publiques.

c1551d831ab8e37dbc21fa40571d2d14.jpgLors de l'annonce du changement de financement
des Télévisions publiques, mon écran s'est brouillé.
Il est vrai que j'étais sur Antenne 2.
J'ai cru comprendre que la redevance audiovisuelle
était supprimée, mais je n'en suis pas sûr.
Certains me disent qu'il s'agit de retirer la publicité.
Qu'en est-il vraiment ?
Ma préférence va à la suppression de la redevance,
parce que la publicité, je l'aime bien. Elle me désangoisse
lors des films d'horreur et des séries policières.
La musique y est très belle et les images chatoyantes.
Vraiment, les publicités sont mes amies, chaleureuses
et apaisantes. De plus, je n'y vois pas toutes les misères du monde.
Devrons-nous voter ?
Pour supprimer la redevance : Tapez 1
Pour supprimer la publicité : Tapez 2
En fait, le public, il veut tout sur toutes ses chaînes publiques.

vendredi, 11 janvier 2008

Que feras-tu plus tard, mon fils ?

830ea88ee5361f6451bde2fc2c87f74b.jpg- Je sais, Papa ! Retraité !
Soupir d'un père quelque peu inquiet.
Que se passe-t-il donc dans la tête de mon gamin de 7 ans ?
La vérité était là : les retraités sont moins agités que les autres.
Mon fils, finalement, ne réclamait que du calme et de la sérénité.
Avant qu'il ne parvienne à son but, quelques étapes seront nécessaires
à moins que nos gouvernements nous fassent passer directement
de l'âge de la majorité à celui de la retraite éternelle.
A entendre tous les discours et réclamations sur les retraites,
il est évident que nous y arriverons très vite.
"L'homme n'est pas fait pour travailler, la preuve, c'est que cela le fatigue".
Le candidat à l'élection présidentielle aura gagné une voix :
celle de mon fils.

lundi, 07 janvier 2008

"Je n'irai pas fleurir ma tombe".

Vous me connaissez, ce sera sûrement par discrétion, pudeur, et respect humain. Depuis quelque temps, je me sens la main verte et ma disponibilité soudaine me chatouille et me gratouille, surtout autour des pissenlits. C'est que, depuis peu, j'ai de nouveaux voisins qui n'étaient pas du même village et je les sens plutôt susceptibles. Si ma tombe est plus fleurie que les autres, c'est toute une communauté qui peut m'en vouloir. Le "qu'en dira-t-on" est plus qu'à l'honneur ici bas et ici-là car l'éternité, c'est long, vous savez, surtout vers la fin. Le comble serait d'être enterré à côté d'un contrôleur fiscal, qui éplucherait tous mes comptes, avec la suavité de quelqu'un qui prendrait tout son temps. Feuille après feuille, comme pour les artichauts. Je risque d'en prendre pour perpette. Alors, cette année, pour ne pas me faire remarquer, je n'irai pas fleurir ma tombe. Et vous, chers amis, n'en faîtes pas trop, à cause du voisinage.

Le puzzle.

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"J'étais épars et malheureux, rassemblez-moi" *.
Qui n'a jamais entendu le cri secret du puzzle qui se lamente
de ses pièces entremêlées dans sa boîte hermétiquement fermée ?
Toutes indispensables, mais toutes inutiles aujourd'hui.
Trop nombreuses assurément pour la belle image reflétée,
elles deviendront rapidement : "il en manque sûrement".
Qui osera soulever le couvercle, faire bruire ces morceaux du temps ?
Toute la table sera occupée pour me faire l'expression du joli
travail accompli. Satisfaction cachée, joie exprimée, yeux émerveillés.
Tâtez-moi, jouez avec mes pleins et mes déliés, caressez mes couleurs.
Je suis forcément logique mais très malicieux.
Assurément, vous passerez quelques soirées avec moi et toutes vos pensées
intimes me parviendront par vos doigts fébriles.
J'aime votre calme et votre détermination et il m'arrivera de vous souffler
quelques détails infimes.
Osez débarrasser la table et ne vous fiez pas aux sourires moqueurs.
Refusez toute aide désinvolte et concentrez-vous de plaisir.
Le succès est forcément au rendez-vous, car je ne triche pas.
Oui, commencez par les bords, assemblez les couleurs, sans cesse remettez
votre ouvrage et observez-moi bien : je suis là pour vous aider car j'aimerai bien
me voir dans la glace, une fois de temps en temps.
Mais, pitié, de grâce, ne me mettez jamais sous verre car je ne pourrais plus
jamais respirer. J'ai besoin de gambader dans ma boîte en attendant que
vous osiez, une fois encore, me caresser.
"Je suis épars et malheureux, rassemblez-moi et déassemblez-moi".
Osez et je vous offrirai une récompense.



* "J'étais épars et malheureux, rassemblez-moi".
Citation d'une lettre amoureuse d'Antoine de Saint-Exupéry.

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