« L'instant du silence sur le nuage. | Page d'accueil | Le jardinier de la France ou l'art de la politique. »
lundi, 18 juin 2007
L'art a ceci de remarquable...
L'art a ceci de remarquable qu'il peut naître des mains de tout un chacun. Certes, la formation académique reste essentielle, sans être toutefois le passage obligé. Nous avons presque tous entendu parler de l'œuvre du Facteur Cheval, ainsi que celle de l'Abbé Fouré sur les rochers de Rothéneuf, près de St Malo. Deux merveilles nées de la seule volonté de créer le beau et le sublime. Créer soi-même et par soi-même. Si l'inspiration est ligne directrice, le talent sera là et se magnifiera à l'ouvrage. Ces œuvres sont désormais "classées" par les autorités compétentes et deviennent "officielles". Pourtant, si nous-mêmes, nous créions à notre époque, ces mêmes œuvres aux mêmes endroits, nous serions immédiatement arrêtés par la justice, car tout ceci est interdit. Plus de facteur, plus d'Abbé, sinon en prison. Heureuse époque ou l'art n'était pas l'otage des artistes et tristesse de nos règlementations actuelles. Nos gouvernants ont l'art de tout interdire pour octroyer avec condescendance. Heureusement, il nous restera pour quelque temps, la parole, le chant, la danse, l'écriture… et quelques députés éclairés. Hommage à nos créateurs et à tous les cancres de la Terre. Si vous faîtes partie de cette joyeuse cohorte, vous connaissez votre bonheur. Vous aimez le rêve et la liberté, l'esprit en constante évolution, vous observez tout, inventez tout avec trois fois rien. Sous les huées des enfants prodiges, Avec des craies de toutes les couleurs, Sur le tableau noir du malheur, Il dessine le visage du bonheur.* *Jacques Prévert.
15:03 Publié dans Humeurs , Politique , Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Facteur Cheval, Abbé Fouré, Règlementations, Cancre
Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://leparadissinonrien.blogs.letelegramme.com/trackback/13097
Commentaires
N'est-ce une hérésie de penser que la Liberté permet de créer ? La contrainte oblige l'esprit humain à se surpasser, à inventer. C'est parce que les impôts au sol étaient chers (déjà) que l'on inventa les maisons à encorbellement, c'est peut-être parce qu'il n'avait pas les moyens de ses rêves que le Facteur Cheval réalisa son œuvre, c'est parce qu'elles n'avaient pas le droit à la fantaisie que les femmes Amish réalisèrent leurs quilts.
Selon Wikipédia, c'est parce qu'il ne pouvait être incinéré dans son palais que Ferdinand Cheval décida de construire son Tombeau du Silence.
Quant à penser que l'Artiste est joyeux, je nuancerai également. L'artiste évacue souvent une certaine souffrance à travers ses œuvres. Quant à celui qui décide de vivre de son art, il doit en permanence innover, imaginer, créer pour subsister.
L'art me semble plus un moyen de s'évader du réel.
Mais où commence l'Art ? Qu'est-ce que l'Art ? Mystère.
Ecrit par : La dame de nage | mardi, 19 juin 2007
Je reste persuadé que la liberté permet de créer.
Les contraintes sociales, académiques, sont source de frustrations.
La contrainte aussi permet de créer en sublimant l'effort de la création
qui devient proche de l'enfantement.
La contrainte de l'argent que l'on n'a pas a poussé de nombreux peintres
sur le chevalet, tel Picasso…
Les contraintes d'impôts et de taxes mes laissent sceptique. Elles ont engendré
en architecture les maisons aux fenêtres étroites, voire bouchées ou les maisons
d'Amsterdam dans lesquelles le mobilier ne pouvait entrer que par une potence.
Il s'agit plutôt d'une adaptation de ruse plus que de l'art véritable.
Ceci étant, les grandes créations dans le domaine de l'art ne nécessitent bien souvent
que peu d'investissement.
Toujours Picasso, un reportage sur l'atelier du maître s'est arrêté sur le savant entreposage
des pinceaux, disponibles à tout moment : du carton ondulé, la feuille de kraft enlevée.
Picasso déclara qu'il n'avait jamais trouvé de meilleur outil.
Souffrance de la création, je suis bien d'accord, mais quelle liberté de l'esprit, l'œuvre achevée.
Vivre de son art est bien toute la question. Plus question d'avoir 10, 20 ans d'avance sur son temps,
sinon de faire vivre ses héritiers.
Je vous rejoins donc sur une partie de la contrainte de créer. Me rejoindrez-vous sur une partie de
la liberté de créer ?
Et si j'étais un deuxième Facteur Cheval ou un deuxième abbé Fouré, aurai-je le droit de ma création ?
Ecrit par : Auffret | mercredi, 20 juin 2007
"Je vous rejoins donc sur une partie de la contrainte de créer. Me rejoindrez-vous sur une partie de la liberté de créer ?"
Dame, non, je reste dans ma ville !!!!!!!
La Liberté de créer est celle que l'on s'accorde, que l'on s'autorise, celle que notre esprit s'autorise à inventer.
"Et si j'étais un deuxième Facteur Cheval ou un deuxième abbé Fouré, aurai-je le droit de ma création ?"
Mais vous l'êtes ! Qui vous empêche ? Osez, il faut oser ! D'ailleurs ayez la gentillesse de me prévenir à l'avance si vous m'invitez au vernissage, que j'ai le temps de créer mon costume de sirène !
Nous passons peut-être devant des maisons sans signe extérieur qui peuvent être de vrais palais à l'intérieur. Je pense à la maison de Pierre Loti à Rochefort ou à celle de Victor Hugo à Guernesey. De l'extérieur rien ne les distingue des autres, et pourtant l'intérieur révèle toute l'inventivité, l'imagination de leur propriétaire.
Si j'expose un quilt, une photo chez moi, qui viendra m'en empêcher ?
Concernant l'extérieur, parmi les œuvres détruites je pense au mandarom, mais c'est plutôt parce qu'il représentait l'aumisme que pour son architecture … d'ailleurs il avait obtenu un permis de construire.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mandarom
Sinon avez-vous d'autres exemples de réalisations extérieures détruites ?
Par contre, il faut être convaincu pour oser affronter le regard des voisins, les remarques, les critiques et se soumettre aux règles de la société.
Cet article m'a fait beaucoup de bien quand je l'ai découvert lundi … Il m'a sorti des tribulations de la vie. Il m'a peut-être inspiré cette série en gestation depuis quelques semaines …
http://2doc.net/gwen
Ecrit par : La dame de nage | mercredi, 20 juin 2007
Dès que nous parlons de l'Art, il y a controverse et celle-ci est source de création.
Controversons donc aimablement tout en défendant âprement nos convictions.
Chère Dame de nage, que dis-je, chère Sirène, vous me dites rester dans votre ville.
Est-ce bien ce que vous faites quand vous saisissez d'un seul oeil, les merveilles
qui vous entourent ? Je vous vois plutôt sur terre et mer, faisant fi de nos limites administratives.
Je vous vois très bien dans le vent qui nous fouette avec ardeur et gentillesse.
Quelques caresses agrémentées de gouttelettes fines qui vous donnent ces joues rosies à souhaits.
Vous me faîtes l'honneur de me faire Chevalier du Facteur Cheval, de l'abbé Fouré et de tous les
autres artistes humbles et si inspirés. Soyez remerciée de tant de bonté d'âme.
Vous me réconfortez et cela me fait du bien.
Pourtant, je dois constamment me méfier du courroux des diables administratifs qui me guettent
à chaque instant. Mon père qui dût tout reconstruire son patrimoine après la guerre n'était pas obligé
de demander un permis de construire dans les années 1950. Aujourd'hui, son fils n'a plus le droit
de construire une cabane de jardin. Je veux créer en élevant un bâtiment, pourtant nécessaire
et je n'en ai pas le droit. J'ai donc créé mes plans dans ma tête, puis sur le papier et n'ai surtout pas
oublié la création d'un architecte. Nous sommes tous les deux d'accord, en silence.
Ces plans ont le droit d'exister mais pas d'être concrétisés. Soupir…
L'Art a le droit d'exister caché, intime. c'est une joie très secrète et toute aussi merveilleuse.
Finalement, l'Art n'est vraiment à sa juste valeur que lorsqu'il est profusion.
Ni même les révolutions, ni même les guerres, ne sont venues à bout de l'art.
Je me réjouis de vous savoir Sirène, car je suis le Saumon de l'Elorn, parti traverser les océans.
Forcément, nous nous rencontrerons.
Plus jamais de barrages pour les Sirènes et les Saumons. Juste la liberté !
"Mer, terreur et fascination" est le quotidien du Saumon de l'Elorn.
http://www.mille-poetes.com/Librairie_Nouvelles-001.html
Ecrit par : Auffret | mercredi, 20 juin 2007
Est-ce cette note qui vous a inspiré ?
http://2doc.net/peu
Pourquoi vous a-t-on refusé le permis de construire ? En quoi votre création était-elle de l'Art ? Quant à votre père peut-être que ce qu'il a construit était dans les normes de l'époque et donc accepté.
Est-ce nous qui déterminons l'Art ou n'est-ce pas
les autres qui qualifie ainsi nos réalisations ?
Art … Artiste … Artisan …
J'aime créer, mais delà à penser que je fais de l'Art … Non. Je préfère rester humble.
Quant à la sirène, elle n'existe pas, c'est juste un costume à inventer si …
Ne rêvez pas trop, vous pourriez me croiser et ne point me reconnaître ! Je gage que vous seriez surpris et déçu …
"Mer, terreur et fascination" Est-ce votre livre de chevet ou votre œuvre ?
Ecrit par : La dame de nage | mercredi, 20 juin 2007
Loin de moi de vouloir qualifier l'Art ! Mon propos est de pouvoir laisser la liberté à celui qui ressent le besoin de créer, même sans formation complète.
Le droit à l'erreur fait partie également de la création. Tous les grands cuisiniers ont raté nombre de préparations.
Cependant, je m'interroge sur ces villages qui étaient beaux à leur époque, qui restent beaux à d'autres époques, et même beaux vus du ciel, alors que l'aviation n'existait pas à la construction.
Pourtant, les architectes avaient moins de règlementations.
Quand une création est belle, elle le reste longtemps.
Il n'y a que le joli qui ne dure qu'un temps.
(Faire croire à un saumon qu'il ne reconnaîtra pas une sirène est une gageure. Il a écrit ses aventures pour que tous aient envie de partir un jour et revenir peut-être.) Votre illustration est magnifique et touchante.
Qu'il est difficile de faire valoir sa différence !
Ecrit par : Auffret | vendredi, 22 juin 2007








