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lundi, 28 mai 2007

On m'a traité de plouc !

Depuis que les beaux jours sont arrivés, nous apercevons
d'étranges créatures nommées "touristes".
Un de ceux-ci m'a traité de "plouc". Qu'est ce que cela veut dire ?


Plouc !

Plouc, plouque, plouf !
"On" m'a traité de plouc.
Qui suis-je ? Suis-je donc un plouc ?
Mais que veut donc dire : "plouc" ?
Ne pouvant être ce que je ne suis pas puisque
ne connaissant pas ce mot, je suis allé voir ma mère.
Dès son regard courroucé, les yeux exorbités,
je sus que c'était un mot étrange.
Avec mon père, ce fut une taloche, aller et retour.

Plouc, plouque, plouf !
"On" me traite de plouc.
Un nom qui n'a pas de définition spontanée.
Dans mon dictionnaire La Rousse, 12 très lourds volumes,
"plouc" devrait figurer entre "………….." et "…………".
Ce mot a disparu, sûrement une encre qui n'a pas su sécher,
ou alors, mes parents l'ont effacé et jusque dans leur mémoire.
Vais-je donc passer toutes mes vacances sans savoir qui je suis ?

Plouc, plouque, plouf !
Si je suis plouc, autant que je le sois totalement.
Voyons voir mon copain de toujours, lui qui sait tout.
Son grand-père est sorti de son fauteuil, droit comme un "I",
se mit à gesticuler, puis à sortir de la pièce sans sa canne indispensable.
"Plouc", permettait des miracles. Mot étrange aux réactions imprévisibles.

Plouc, plouque, plouf !
Ce soir, je n'en saurai pas plus.
S'endormir Plouc, voilà mon destin du jour.
Ma nuit agitée fut ponctuée de "ploucs" lugubres qui s'entrechoquaient
le long des falaises pour rebondir dans la forêt proche.
Même l'écho s'en mêla ricochant sur les nuages menaçants.
A-t-on le droit d'appeler "plouc", un enfant et de ne pas lui dire ce que cela signifie ?
Jusqu'à hier, j'étais heureux avec mes parents dans la ferme.

Plouc, plouque, plouf !
Je veux savoir ce que m'a dit ce monsieur avec son automobile.
Il s'est arrété, a dit "plouc" et est reparti. Etrange.
Serait-ce un cri de ralliement ? Est-il le chef des ploucs ?
Allons-nous connaître une invasion ? De qui, de quoi, d'où ?
Mes sabots me font mal et mes vêtements sont bien crottés.
Pas de ma faute, Madame la pluie fait le chemin tout boueux.

Plouc, plouque, plouf !
J'y suis ! Je n'ai pas su reconnaître le message subtil.
C'est sûrement le chef d'une bande très mal vue dans le pays.
Pourvu que la horde des "ploucs" ne vienne pas par ici.
L'instituteur m'a dit que c'était le cri de guerre de gens bien particuliers
qui s'appelaient du nom étrange de "touristes". Ils le prononcent tout le temps.

Plouc, plouque, plouf !
Ils pensent nous faire peur pour que nous déguerpissions du paysage.
Pensez donc, pour sûr, qu'on restera puisque nous sommes chez nous.
J'ai bien envie de les appeler "ploucs" à mon tour puisque personne
ne sait ce que cela veut dire.
A plouc, plouc et demie.

Plouc, plouque, plouf !
J'en ai vu deux qui ont fait "plouf" dans la mer. Qu'elle idée !
Sûrement deux ploucs de moins.
Où va-t-on si demain on doit être le plouc de quelqu'un ?
Je sens que je vais mieux dormir ce soir en comptant
les ploucs qui font plouf dans la mer.
Au fait, est-ce que quelqu'un sait ce que veut dire ce mot de "plouc" ?
Ce n'est pas un mot Breton, n'est-ce pas ? Cà se saurait.
Quant au mot de "touristes", il n'est pas de chez nous, assurément.
Dormons bien, notre pays nous appartient.

Trackbacks

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Commentaires

Et si! plouc est bien breton. Originellement, il s'agit de l'habitant du Plou, c'est à dire de la paroisse. Le plouc est donc le campagnard, celui qui ne connait rien à la vie urbaine, nom donné par dérision depuis quelques siècles.

Ecrit par : lucien rohou | lundi, 28 mai 2007

Plouc, çà n'existe pas !
C'est comme Alésia, personne ne sait où çà se trouve !

Ecrit par : Auffret | lundi, 28 mai 2007

ploueis = habitant de la paroisse/ Plouead = l'ensemble des paroissiens.
"c'est vers 1880 qu'est apparu ce terme péjoratif, voire injurieux pour désigner un paysan et par extension, une personne grossière" tiré de Jean Rohou dans Fils de plouc (page 15) qui fait référence au dictionnaire historique de la langue française de 1992. Je n'ai pas de parenté avec ce lettré originaire de Plougourvest. Par contre, je peux affirmer que plouc ets la forme francisée de ploueis.

Ecrit par : lucien rohou | lundi, 28 mai 2007

Merci pour ces précisions, mais il faut bien croire que Monsieur le Curé ne nous a pas beaucoup défendus dans cette insulte venue des estrangers.
A plouc, plouc et demie !

Ecrit par : Auffret | lundi, 28 mai 2007

ni le curé, ni l'instit! né à Kergloff, j'ai quitté le primaire pour le CEG de Carhaix. J'étais un plouc! Mais, pour les "Belouz" (blousons noirs) carhaisien, il y avait du travail car j'étais loin d'être le seul.
Et après? on a évolué comme les autres, et par analyse du passé, on ne se porte pas plus mal.

Ecrit par : lucien rohou | lundi, 28 mai 2007

Le dictionnaire en ligne donne cette définition :
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv4/showps.exe?p=combi.htm

PLOUC, subst.
Fam. ou pop., péj. [Souvent en terme d'injure] Paysan; p.ext., personne rustre, qui manque de savoir-vivre. Synon. péj. bouseux (pop.), cul-terreux (fam.), péquenot (fam., pop.), pedzouille (pop.), rustaud, rustre. Je me débine à grandes foulées... Je recavale vers les boulevards... Ça va pas mieux!... Je me tenais comme un vrai «plouc»! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p.373). J'en ai fait trente-six, des familles de ploucs, avant d'tomber chez eux [à l'Assistance] (J.-P. BASTID, M. MARTENS, Adieu la vie..., 1977, p.87).
Empl. adj. Synon. de agreste (au fig.), balourd, campagnard, grossier, lourdaud, malappris, mal léché*, rustique (littér.), sans façon. Elle est vraiment plouc (Pt ROB. 1977).
Prononc. et Orth.: [pluk]. Au plur. des ploucs. Étymol. et Hist. 1880 Bretagne «rustre» (d'apr. ESN.); 1936 Paris (CÉLINE, loc. cit.). Mot d'orig. incertaine. D'apr. ESN. il s'agirait d'une abrév. plais. des noms de communes bret. commençant par plouc-, tel que Plougastel-Daoulas. CELLARD-REY 1980 y voit une altér. de ploum «rustre» (att. en 1882 d'apr. ESN. et rattaché par ce dernier à l'all. plump), peut-être due à un croisement avec l'init. plouc- que l'on trouve dans les noms de lieux bret. ou plus vraisemblablement à l'utilisation d'une sonorité plus expr. que celle de ploum.

Ecrit par : Sans importance | lundi, 28 mai 2007

voilà un dossier succintement étudié. A bientôt, je l'espère pour un autre débat, gast!
amicalement, Lucien

Ecrit par : lucien rohou | lundi, 28 mai 2007

Avec toutes ces indications, je sens que je vais mieux dormir. Merci.

Ecrit par : Auffret | lundi, 28 mai 2007

Je suis très touché par toutes les personnes qui se sont penchées sur mes interrogations. Je me sens réconforté par une communauté d'esprit et suis très fier de faire partie d'une vraie fratrie.
Si un jour, on me traite de plouc, je saurai que répondre.
Finallement, "plouc", c'est une fierté d'une appartenance.
Serions-nous tous "ploucs" ?

Ecrit par : Auffret | mardi, 29 mai 2007

Plouc = paysan (immigré) d'un Plou même racine que plough(man). Vient de Plagus domaine romain en (Grande) Bretagne avant le Vème siècle. Les premiers immigrants en Bretagne importent le christianisme et le Plou devenu paroisse.

Ecrit par : Le floc'h | dimanche, 12 août 2007

Ce mot ne vient pas de Pagus mais de Plebs, peuple puis paroisse : Plé, Ploë, , Ploué, Plou.
Cul-terreux est bien plus méprisant, un vrai plouc a des racines et les revendiquent.
Au Moyen Age déjà les immigrés bretons de Paris étaient raillés dans une farce sur leurs disputes pour le marché des fosses d’aisances dont ils étaient chargés. De là l’argot, ar kaoc’h. Même les deux pieds dans la m... on l’ouvre encore.

Ecrit par : Yann | dimanche, 12 août 2007

J'aime beaucoup ce fil de conversation,
Félicitations.
Une bouffée d'air pur dans un monde technocratique,
Merci de penser à ces questions fondamentales.

Ecrit par : Nestor Burma | jeudi, 27 mars 2008

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