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lundi, 30 octobre 2006
J'ai toujours dormi dans un lit.
Cette réflexion banale me fait songer à la chance de ma vie.
Un lit, c'est un toit. Un confort qui n'existait pas dans tous les siècles.
Une grotte et un peu de paille pour le Petit Jésus.
Bien sûr, pour se changer de ce confort il devient "amusant"
de s'encanaillailler sous une toile de tente, l'espace d'un été.
Etre nomade et rustique, comme autrefois devient délicieux.
Par hardiesse extrême, nous osons même une nuit à la belle étoile.
Certains se prennent au jeu jusqu'à s'appeler "SDF".
Tellement ancrés dans cette situation, ils font partie du paysage
et les journalistes titrent : "Le SDF" n'avait pas quitté son domicile".
Touchant, non ?
Ce soir, je prendrai mieux conscience de mon lit et de la chance
d'en avoir un. Sûrement que je dormirai mieux.
C'est d'ailleurs dans un lit que j'ai prévu de mourir, comme 90% des gens.
C'est une position confortable et tranquille.
Par moment, je voudrai me réveiller mort.
Cette situation me convient tout à fait et je me demande pourquoi elle n'est pas encore venue.
Situation confortable qui permet d'être là tout en étant plus là.
Je pourrais dire : je n'ai rien senti, rien vu, rien entendu.
L'Ankou pourra toujours repasser avec sa charrette, il ne m'aura pas car maintenant je suis loin.
Ce sommeil du juste est très réparateur car tout se passe en un instant que nulle souffrance
ne vient perturber. Ni cris, ni hurlements, ni pleurs. Pas de mort volée par les autres qui vous
assurent que tout va bien.
Juste un gros roupillon et le sommeil du juste.
Frais et dispos pour la grande aventure qui va durer des siècles et des siècles, à ce que l'on dit.
"On" sait beaucoup de choses qu'il n'est jamais allé vérifier.
Ce matin-là, je saurais, tandis que vous, les vivants, vous ne saurez toujours pas.
Encore un instant, dites-vous, tandis que je serais "dans l'instant".
Vous répugnez à connaître cet instant qui est l'essence de toute vie ?
Un peu de hardiesse, que diable !
Dites-vous bien que ce diable que vous redoutez tant est le grand copain du Petit Jésus
qui aurait bien du mal à recruter, sinon.
Vont-ils se chamailler en repérant leurs brebis bien sages ou égarées ?
Nous laisseront-ils le choix de notre désir très cher ?
Y aura-t-il une amende pour ceux qui n'auront pas souffert ou une remise si d'affreuses douleurs ?
S'endormir est une idée bien douce et le lit bien confortable pour partir.
Serai-je toujours là demain ? Qui peut véritablement répondre à cette question ?
Ce soir, j'ai sommeil. A demain ?
19:30 Publié dans Humeurs , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Lit, diable
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